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Utilisation de le récompense alimentaire, démonstration de L.Lansade

Lors des Journées Sciences et Innovations Equines, l'éthologue Léa Lansade, le cavalier Olivier Puls et son cheval Red d'Agamont nous ont présenté en quoi la récompense alimentaire pouvait jouer un grand rôle dans l'éducation et la rééducation du cheval.



La récompense repose sur le principe de renforcement positif, c'est-à-dire ajouter un stimulus agréable pour augmenter la fréquence d'apparition d'un comportement. Donc caresser un cheval ( à condition qu'il aime les caresses !) lorsqu'il fait la jambette qu'on lui a demandé, c'est un renforcement positif.

La récompense alimentaire à souvent mauvaise presse, on lui reproche de rendre les chevaux mordeurs, agressif, moins respectueux ou bien de quémander. Pourtant bien utilisé, en respectant certaines règles c'est la méthode qui permet aux chevaux d'associer le plus vite.


1. Privilégier les récompenses alimentaires


D'après un article scientifique de Sankey et al. résumé par l'Association pour le Développement des Sciences Équines (à lire ici), les chevaux auraient tendance à apprendre plus vite et à être plus proche de l'homme lorsqu'ils sont récompensés par une récompense alimentaire.

La récompense alimentaire a un effet motivant sur le cheval et c'est ce qu'on cherche, que le cheval ne subisse plus son apprentissage mais qu'il en soit l'acteur. Andy Booth disait très justement que le but n'est pas que le cheval cherche à nous faire plaisir mais qu'il cherche à SE faire plaisir.

2. Respecter la contiguïté temporelle


La contiguïté temporelle est le fait que le laps de temps entre le comportement effectué par le cheval et la récompense soit le plus court possible. D'après une étude de Valenchon et al. (2016), la mémoire de travail du cheval était très courte, environ 8 secondes pour un cheval moyennement concentré. De plus, si on attend trop pour récompenser un cheval on risquerait de récompenser un comportement non-désiré. Par exemple, nous demandons au cheval de reculer, nous attendons trop avant de le récompenser ainsi il s'avance pour réclamer sa nourriture, il a donc appris à réclamer.

Pour respecter cette contiguïté temporelle, on peut également utiliser un clicker.


3. Façonner progressivement la réponse finale


Je vous le rappelle souvent mais n'oubliez d'être progressif lors de l'apprentissage. N'hésitez donc pas à récompenser dès que le cheval est sur la bonne voie. Lors de l'apprentissage de la jambette, on ne va en premier lieu se contenter que le cheval ne lève que d'un cm le sabot. Lorsque cela est acquis, on peut demander deux cm etc...

Plus vous allez récompenser ses efforts, plus il voudra en fournir.



4. Renforcer de façon continue, puis de façon partielle


Au début de l'apprentissage on doit récompenser chaque bonne réponse que fournit le cheval jusqu'à ce qu'il ait acquis totalement le comportement. Ensuite la récompense devient partielle puis peut disparaître totalement pour ce comportement là. En effet, n'oubliez pas de varier les exercices dans vos séances afin d'avoir des exercices qui sont faciles et plus récompensés avec des exercices en cours d'apprentissage où le cheval est récompensé afin de garder la motivation de celui-ci.


Dans une étude réalisée par Lansade et al. (2017), ils ont montré que le taux de réponse du cheval (ordonnées) augmentait énormément entre la session A1 (où le cheval était récompensé systématiquement) et la session A2 ( où le cheval était récompense partiellement).







5. Respecter la contingence



La contingence est le fait de réserver cette récompense alimentaire au renforcement positif. En effet, il a été prouvé que la valeur de cette récompense diminuait énormément si celle-ci était donnée gratuitement en dehors des apprentissages.



6. Ne jamais récompenser un comportement non-souhaité


Comme expliqué précédemment c'est en récompensant des comportements non-souhaités (souvent sans le vouloir) que l'on apprend au cheval à quémander, s'impatienter etc... Soyez donc sûr que votre cheval est calme et que vous récompensez le bon comportement.


7. Travailler dans un environnement calme


Il est essentiel de travailler dans un endroit calme. Plusieurs études ont montré que le stress est néfaste pour l'apprentissage (Valenchon et al. 2017). Ainsi il faut veiller à ce que le cheval ne subisse ni de stress pendant l'apprentissage, ni avant ou après (sur 1h en général). Il faut également s'assurer que l'isolement social du cheval (travail en carrière), que le transport (si stage en extérieur) ou autres ne perturbent le cheval afin d'avoir un apprentissage des plus efficaces.


8. Connaitre la biomécanique et le préparer physiquement


Enfin il est très important de s'assurer que le cheval est capable physique le comportement qu'on lui demande. En effet, demander à un cheval d'effectuer un piaffer alors qu'il n'a pas la musculature et l'équilibre de le faire, ne ferait qu'augmenter son incompréhension et sa frustration de ne pas pouvoir obtenir sa récompense.

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